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Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon


© Philippe Matsas_Leextra_éditions Héloïse d'Ormesson

Conférence d'Olivier Mannoni : "Coulée brune. Comment le fascisme inonde notre langue"

  • Cycle de conférences

Dès les années 1920, les nazis ont utilisé les mots pour répandre et imposer leur vision du monde dans un programme politique raciste, antisémite et belliciste.

Traducteur de "Mein Kampf", réédité en 2021, sous le titre "Historiciser le mal", Olivier Mannoni propose des pistes de réflexion en posant un regard critique sur l’ouvrage, la langue qu’il utilise, les idées qu’il déploie.

Dans son nouveau livre, "Coulée brune. Comment le fascisme inonde notre langue", il propose d’étudier le sens et l’usage des mots dans nos sociétés contemporaines en analysant les prises de parole des responsables politiques et leur diffusion dans les médias.


© Annette Wieviorka

Conférence d'Annette Wieviorka - La valise dans les représentations de la Shoah

  • Cycle de conférences

Des montagnes de valises… Cette image saisissante qui prend aux tripes les visiteurs du musée national d’Auschwitz illustre toute l’horreur de la Shoah. Témoin silencieux de chaque étape de la persécution, la valise accompagne son porteur jusqu’à la fin. Conservées et exposées en partie, elles sont la trace matérielle qui subsiste de centaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants assassinés. Dans le cadre de l’exposition temporaire « Valises ! Histoires d’un objet dans la guerre » présentée au Musée de la Résistance et de la Déportation du 27 mai au 31 décembre 2025, le Musée de la Résistance et de la Déportation a le plaisir de recevoir Annette Wieviorka, grande historienne de la Shoah qui a consacré toute sa carrière à étudier et faire connaître le génocide des populations juives d’Europe.

Conférence Dominique Missika - "Irène Némirovsky. Une vie inachevée"

  • Cycle de conférences

Jeune romancière juive d’origine russe, chassée de son pays par la révolution de 1917, Irène Némirovsky (1903-1942) s’installe en France et entreprend des études de lettre à la Sorbonne. Au cours des années 1920, elle publie des nouvelles et trois romans, mais c’est la publication de "David Golder", en 1929, qui lance sa carrière. En 1940, elle fuit Paris avec sa famille. Réfugiée à Issy-l’Évêque (Saône-et-Loire), elle y entreprend l’écriture du roman "Suite Française" qui dépeint l’exode puis la vie sous l’Occupation.
Arrêtée en 1942, quelques mois avant son époux Michel Epstein, elle est déportée à Auschwitz d’où elle ne revient pas. Leurs filles, Denise et Elisabeth, survivent en se cachant durant toute la guerre. Dans une valise, elles emportent le précieux manuscrit de leur mère. En 2004, grâce à elles, le dernier roman de l’écrivaine est publié et reçoit le prix Renaudot. Pour parler de ce parcours qui ouvre l’exposition temporaire "Valises ! Histoires d’un objet dans la guerre", nous avons le plaisir de recevoir l’historienne Dominique Missika.
Son dernier ouvrage nous raconte l’épopée d’Irène Némirovsky et redonne un visage et une voix à cette femme fascinante.


© MRDB

Conférence Sarah Gensburger - Appartements témoins, La spoliation des locataires juifs à Paris 1940-1946

  • Cycle de conférences

Le 29 mars 1941, le Commissariat général aux questions juives est créé. Il contient les premières mesures de spoliations concernant spécifiquement les Juifs. L’État français peut, légalement, sous prétexte des besoins de l’économie nationale, procéder à la gestion et à la liquidation de leurs biens. Par ailleurs, dès 1940, plusieurs ordonnances allemandes organisent « l’aryanisation » des biens et des entreprises juives. Ce n’est que le début d’une longue série de lois et de décrets qui vont institutionnaliser une gigantesque opération de prédation. Dépouillés de leurs possessions par l’occupant allemand et le gouvernement de Vichy, des milliers de locataires sont expulsés de leurs appartements parce qu’ils sont identifiés comme Juifs. En effet, la loi du 22 juillet 1941 signée par Pétain enlève aux Juifs la jouissance de leurs biens, professionnels et personnels. À Paris, cet « arsenal de l’exclusion », rend de nombreux logements vacants. Dès lors, des particuliers incarnant la société parisienne dans toute sa diversité vont se précipiter sur ce juteux marché locatif. À travers son livre, co-écrit avec Isabelle Backouche et Eric Le Bourhis, Sarah Gensburger nous restitue, à l’échelle des quartiers, des rues et des immeubles, l’histoire de ces expropriations soigneusement organisées.


© Collection personnelle

Conférence Marie-Christine Hubert - Les persécutions des nomades et des Tsiganes en France entre 1939 et 1946

  • Cycle de conférences

Le cycle de conférences du musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon consacré à l’exposition "Ceija Stojka. Garder les yeux ouverts" débute le jeudi 19 mars à 18h30.

Les persécutions envers les populations encore appelées, au début de la Seconde Guerre mondiale, « Bohémiens » ou « Romanichels » par les habitants, « Nomades » par l’administration française et « Tziganes » par l’occupant allemand, ont pris diverses formes selon qu’elles résultaient des autorités françaises ou allemandes et selon les zones définies par ces dernières.

L’historienne et archiviste aux Archives départementales de la Seine, Marie-Christine Hubert proposera un éclairage historique permettant de faire un bilan des études consacrées à ces persécutions, débutées bien avant la Seconde Guerre mondiale et qui se sont poursuivies au-delà de cette période.


© Adèle Sutre, DR.

Conférence Adèle Sutre - Mondes romani : des régimes de circulation pluriels (1880-1950)

  • Cycle de conférences

Le cycle de conférences du musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon consacré à l’exposition "Ceija Stojka. Garder les yeux ouverts" continue le jeudi 16 avril à 18h30.

Quels points communs entre des familles manouches d’Auvergne, des Roms de Roumanie ou de Finlande, des Sinti allemands, des Gitans espagnols ou de Camargue, des Zingari italiens, des Gypsies anglais, des Roms australiens, américains ou argentins et des Tchinganés turcs ?

Une telle diversité s’accompagne d’une pluralité de représentations et de pratiques de l’espace, entre circulation et ancrage.

La docteure et agrégée en géographie Adèle Sutre présentera ses recherches sur les trajectoires migratoires et les dynamiques de mobilité et d’ancrage territorial, notamment concernant les sociétés romani dans toute leur diversité.


© Alain Gagnieux, DR.

Conférence Alain Gagnieux - L’internement des « nomades » à Arc-et-Senans, 1941-1943

  • Cycle de conférences

Le cycle de conférences du musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon consacré à l’exposition 𝐶𝑒𝑖𝑗𝑎 𝑆𝑡𝑜𝑗𝑘𝑎. 𝐺𝑎𝑟𝑑𝑒𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑦𝑒𝑢𝑥 𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑡𝑠 continue le jeudi 21 mai à 18h30.

Le 6 avril 1940, sous la IIIème République finissante, un décret présidentiel assignait à résidence ceux que la loi de 1912 désignait comme « nomades ».

Il s’agissait de populations itinérantes hétérogènes (Manouches, Roms, Gitans, Yéniches, forains, etc.) englobées sous le vocable de Tsiganes, mais françaises pour la plupart.

Avec l’occupation allemande, leur destin était scellé. Dès l’automne 1940, les « nomades » étaient traqués pour être internés dans les camps érigés par le gouvernement de Vichy. Dans l’indifférence générale, ils y furent parqués plusieurs années.

À Arc-et-Senans, dans le département du Doubs, l’ancienne Saline Royale de Nicolas Ledoux servit à emprisonner pendant près de deux ans, dans des conditions indignes, plus de 370 personnes dites « nomades », dont près de la moitié étaient des enfants de moins de 15 ans.

Le professeur et historien Alain Gagnieux reviendra sur l’internement des « nomades » à Arc-et-Senans de 1941 à 1943, épisode encore méconnu de l’Histoire.